Comment juger un en-avant de passe ?

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La nouvelle interprétation de la règle de l’en-avant fait très souvent parler d’elle. Des consignes pas toujours très claires, que les commentateurs de Canal+ ne parviennent pas à clarifier. Alors, qu’est-ce que la direction des mains ? — Photo Sport24

À maintes reprises, les amateurs de balle ovale ont exprimé leur mécontentement suite aux nouvelles directives éditées par l’IRB concernant les passes. Tout d’abord, pourquoi les en-avants ne sont pas arbitrés de la même façon ? Il faut déjà savoir que la règle est exactement la même que l’an dernier (et attention, sa formulation est importante).

Il y a passe en-avant lorsqu’un joueur lance ou passe le ballon en avant. En avant signifie vers la ligne de ballon mort de l’équipe adverse.

Deux interprétations de cette règle sont (étaient) possibles. La première, celle que tout le monde considérait comme indubitable, c’est que le référentiel pour juger d’une passe est le terrain ; en somme, lorsque le ballon est récupéré devant l’endroit où il a été lâché, la passe est en-avant. C’est totalement faux. 

La deuxième interprétation, la plus logique, est de siffler une passe en-avant si le ballon est lancé vers l’avant à partir des mains du passeur. En effet, lorsqu’un joueur fait une passe en courant, le ballon se déplacera également vers l’avant, même si ce dernier a été lancé vers l’arrière : c’est l’inertie. De ce fait, on juge l’action du joueur (s’il a lancé ou non le ballon vers l’avant) et non le résultat de la passe (si le ballon a été récupéré devant l’endroit où il a été lancé). Dans la pratique, cette interprétation a presque toujours été prise en compte par les arbitres.

Malgré tout, les saisons précédentes, c’est le référentiel terrain que la majorité des amateurs avait adopté, alors que ce n’est absolument pas ce dont sur quoi les arbitres se basaient. Canal+ utilisait d’ailleurs la fameuse palette en traçant une ligne au sol lors des passes. De ce fait, cette interprétation avait été validée par tous, alors que ce n’était pas la bonne. C’est pour cela que l’IRB a tenu à remettre les choses au clair, en nous servant sur un plateau l’esprit de la règle

L’an dernier, en demi-finale de Top 14, l’essai refusé à Yannick Jauzion en demi-finale face à Toulon a ouvert une polémique. (Pour la petite histoire, l’article que nous avions écrit à l’occasion a pulvérisé tous les records de notre modeste site.) En effet, la passe de Jean Bouilhou se dirigeait bien vers l’arrière, mais l’essai avait été refusé.

Depuis, l’IRB a officialisé l’interprétation du référentiel joueur via le nouveau protocole vidéo. Le problème, c’est que les médias ont rendu compliquée cette règle pourtant assez simple, en parlant de direction des mains et d’intention du joueur. Au fond, c’est bien plus simple que ça.

En ce qui concerne les passes en avant, le TMO ne doit pas juger la trajectoire du ballon mais l’action du joueur qui a passé le ballon, c’est-à-dire si les mains du joueur effectuant la passe ont eu un mouvement vers sa propre ligne de but. […] Pour juger un ballon passé en avant, le ballon doit être passé en avant à partir des mains du joueur et la trajectoire du ballon ne devrait pas être prise en considération.

Le terme de « direction des mains » n’existe pas. Regarder les mains est une fumisterie, on pourrait leur faire dire n’importe quoi. Ce qu’il faut comprendre de cette nouvelle directive, c’est que l’en-avant doit se juger sur l’action du joueur qui a passé le ballon. En fait, comme le dit la règle, il faut que le ballon ne soit pas lancé vers la ligne de ballon mort adverse. Sa trajectoire n’a que peu d’importance.

C’est peut être un peu abstrait. Remplaçons l’inertie par le vent. Imaginons un joueur qui lance le ballon vers son camp, mais que le vent le repousse et le fasse partir vers l’avant. La règle dit qu’il ne faut pas siffler. Avec l’inertie, c’est pareil. Il faut se baser sur le geste premier du joueur uniquement.

Aux détracteurs de la règle, qui hurlent que « oui mais on peut lancer le ballon en-avant si les mains sont vers l’arrière !« : le ballon partirait alors devant à partir des mains du joueur, même si celui-ci est arrêté. Donc c’est impossible, et la position des mains ne serait qu’une illusion. D’autres préfèrent avancer que « l’essence du jeu c’est que le ballon n’avance pas avec les mains« , mais encore une fois, c’est faux. Le joueur passe le ballon vers son arrière, et celui-ci ne se dirigera vers l’avant que parce que le joueur est en mouvement.

Arnaud Coudry, journaliste au Figaro Sports, résume parfaitement le tout : « La direction des mains, de la connerie. Le mouvement du ballon par rapport au joueur, c’est plus compréhensible. »

Cette consigne, visant à éviter des en-avants lors des envolées au large, est donc essentielle pour un rugby plus fluide et logique. Et son application n’est pas nouvelle. En effet, sans elle, la majorité des passes faites entre trois-quarts seraient sifflées en-avant. Il s’agit juste de la comprendre et de l’intégrer, maintenant.

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2 commentaires

  1. et un nouvel article sur ça demain avec ST vs Clermont ^^.

  2. Si seulement quelqu’un pouvait l’expliquer aux commentateurs de Canal+ …

    En bonus une vidéo de l’IRB très intéressante que je ressors à chauqe fois qu’on parle de cette histoire de « direction des mains » : http://www.youtube.com/watch?v=box08lq9ylg

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