La Coupe du Monde des arbitres

WayneBarnes-RWC

Si World Rugby a largement communiqué sur la vingt-et-unième équipe que représentent les arbitres pour cette Coupe du Monde, sa cohésion, son entente, sa solidarité, il n’en reste pas moins que seuls quelques élus bénéficieront des places d’honneur. La hiérarchie semble toute tracée mais, comme pour chaque édition, pourrait se voir modifiée par quelques éléments. — Photo © Jean Catuffe, Getty Images

La hiérarchie établie préalablement à cette Coupe du Monde et retrouvée sur les désignations de matchs de poule [que vous pouvez consulter sur le site de WR en cliquant ici] nous conduit naturellement à la présumer pour les phases finales. Nous vous proposons pour ce cru 2019 nos prédictions quant à ces matchs, en passant par un petit tour d’horizon des candidats.

Participation aux phases finales en tant qu’arbitres assistants : Gaüzère, Raynal, Berry, Williams.

Le premier ensemble d’arbitres que nous mettrons en valeur est celui des laissés pour comptes pour ces huit matchs. Objectivement les douze arbitres centraux ont le niveau potentiel pour postuler à un quart de finale, mais certains peuvent manquer d’expérience ou appartenir à un panel national trop fourni.

En l’occurrence, l’expérience est le facteur retenu pour ne pas considérer les deux sudistes Paul Williams et Nic Berry, qui comptent encore peu de matchs au niveau international sur du Tier 1, et ne participent que peu aux phases finales en Super Rugby (Williams aucun match, Berry premier quart sur cette année 2019). À noter cependant que Paul Williams bénéficie de la mise à l’écart du numéro 1 néo-zélandais présumé Glen Jackson, qui aurait à coup sûr été intégré au centre en phases finales ; il est susceptible de représenter une surprise en la matière, même moins bien considéré que l’autre néo-zélandais Ben O’Keeffe.

Mathieu Raynal et Pascal Gaüzère quant à eux seront vraisemblablement écartés à cause de leur nationalité. En effet, leurs qualités évidentes leur ont déjà permis à titre quasi-exceptionnel de participer à la compétition en tant qu’arbitres centraux ; on rappellera que le contingent des centraux français représente le tiers de l’ensemble du contingent d’arbitres centraux, ce qui constitue une situation inédite. Leur présence en phase finale viendrait sans doute pallier une défaillance de Romain Poite ou Jérôme Garcès, tout de même relativement improbable et non souhaitable. Ils seront néanmoins des candidats éclairés en 2023 (du moins pour Raynal si Gaüzère est atteint par la limite d’âge) si la logique suit son cours.

Quarts de finale et matchs de classement : Poite, Gardner, Peyper, O’Keeffe, Pearce.

Ces cinq arbitres seront vraisemblablement récompensés par une participation aux quarts de finale et au match pour la troisième place. La hiérarchie se jouera sur leurs performances en phase de poules. Il est à noter que cet ensemble d’arbitres et le dernier ensemble présenté correspond exactement à tous les arbitres désignés sur les rencontres de Tier 1 de la compétition.

Romain Poite est le numéro 2 français, et demeure sans doute membre du top 5 mondial actuel, en compagnie de Jaco Peyper et des trois arbitres pressentis pour les demi-finales et finale. Il est en conséquence, comme Peyper, pressenti pour ne pas aller plus loin qu’un quart de finale, mais ces deux arbitres deviendront les premiers candidats si des places restent vacantes pour les ultimes matchs de la compétition (Peyper ayant plus de chances que Poite d’être « barré » par son équipe nationale à ce stade).

Les trois autres arbitres représentent les solutions probables pour compléter le panel des phases finales. Angus Gardner et Ben O’Keeffe, au-delà de leur expérience croissante les plaçant au-dessus de leurs compatriotes respectifs Berry et Williams, présentent le triple avantage d’être jeunes, talentueux et sudistes dans un panel à caractère très nordiste. Ils sont également désignés sur des matchs importants en phase de poules et auront un rôle à jouer, pouvant possiblement les porter sur des matchs d’honneur comme les faire remplacer par des arbitres plus méritants. Enfin, Luke Pearce, au-delà de son aisance remarquable en Tier 1 récemment, ne dispose certes que de peu d’expérience, et sera sans doute barré par Wayne Barnes. Cependant, sa désignation sur Nouvelle-Zélande / Italie et ses performances tant européennes qu’internationales le conduisent dans la liste des potentiels participants aux phases finales selon nous.

Il est cependant clair que des demi-finales ou la finale de cette Coupe du Monde n’auraient pas à rougir de la présence au centre d’une bonne moitié de ce panel d’arbitres, le niveau global des arbitres de la compétition demeure — sans vouloir porter le mauvais oeil — tout à fait remarquable et potentiellement inédit.

Demi-finales et finale : Garcès, Barnes, Owens.

Sans surprise, et comme il y a quatre ans, les candidats aux places d’honneur sont Nigel Owens, Wayne Barnes et Jérôme Garcès. Leur qualité, leur constance, leur longévité et leur expérience les placent très au-dessus des autres arbitres centraux du tournoi. Le Gallois ayant déjà été récompensé par la finale en 2015, il demeure peu probable qu’il soit à nouveau désigné de la sorte, une demi-finale semblant plus appropriée. Son année 2019 en-deçà des attentes le place comme le plus fragile des trois arbitres de cet ensemble, talonné par Peyper ou un arbitre très performant en phase de poules.

Les deux candidats nous semblant probables pour la finale sont en conséquence Wayne Barnes et Jérôme Garcès. Faire un choix représente un crève-coeur évident, au-delà de la nationalité, tant il paraît incongru qu’un de ces deux arbitres puisse se retirer sans finale de Coupe du Monde au compteur, subissant la même mésaventure que Jonathan Kaplan, candidat évident en 2011 avant son accident de moto. L’avantage médiatique paraît donné à Garcès, mais Barnes sera fort de sa quatrième Coupe du Monde, d’une expérience légèrement plus importante, et pourra constituer un profil à légitimement récompenser. Les paris sont ouverts.

Désignations… et performances.

Bien entendu, les désignations ne seront pas uniquement liées à ces états de fait et titres de gloire passés. Les performances en phase de poules demeurent capitales pour évoluer en phases finales ; on rappellera notamment que c’est ainsi qu’un certain Craig Joubert avait dirigé quart, demie et finale pour… sa première Coupe du Monde. Même si les temps (et les dirigeants !) ont bien changé, il est utile de rappeler que la vérité du terrain se retrouvera dans les désignations.

Ainsi, certains arbitres pourront changer de groupe, dans un sens comme dans l’autre. Il nous paraît cependant difficile de croire à un saut de deux groupes, tant les différences d’expérience et de désignations en poules sont criantes ; en revanche, d’excellentes performances ou, à l’inverse, des défaillances (que personne ne souhaite) ouvriront des portes et pourront inverser le cours des choses. Faites vos jeux !

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