[RCT-Munster] Le ballon a-t-il été aplati sur l’essai de Zebo ?

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L’essai marqué par Simon Zebo, qui aurait bien pu faire basculer le match en faveur des Munstermen, a été vivement contesté. Wayne Barnes a-t-il bien fait de l’accorder sans faire appel à la vidéo ? — Photo RTE Sport

On joue la 54ème minute de jeu. Après deux pénaltouches successives dans les vingt-deux mètres toulonnais, Murray sert Zebo au cordeau qui plonge en coin. Après avoir été retourné dans un premier temps, il se retourne et aplatit le ballon. Wayne Barnes, parti pour faire appel à la vidéo, consulte son JT qui lui dit clairement que l’ailier du Munster n’est pas sorti en touche. L’arbitre anglais accorde donc l’essai directement. Seulement, le doute subsiste quant au touché à terre. Qu’en est-il ?

Premièrement, on peut constater la véracité des propos de M. Doyle : Simon Zebo parvient à rester dans l’aire de jeu tout du long. De toute évidence, il ne parvient pas à aplatir dans un premier temps, retourné par Drew Mitchell. Après un second mouvement, le ballon passe tout près du sol mais l’excellent retour de Steffon Armitage empêche l’ailier d’aplatir le ballon.

Voyant l’espace bouché, Simon Zebo prend l’initiative de se retourner complètement, dans un troisième mouvement, la tête vers le champ de jeu, pour aplatir clairement le ballon au sol (la capture d’écran suivante peut en témoigner). Et tout ceci avant le coup de sifflet de l’arbitre Wayne Barnes, qui était bien placé, et qui a donc pu valider l’essai dès la confirmation de son assistant concernant le passage en touche.

aplati

Cependant, l’ailier de la province irlandaise est-il dans son droit en se retournant pour aplatir le ballon ? On sait qu’un joueur plaqué « doit immédiatement lâcher le ballon » (règle 15.5 (b)). Toutefois, « un plaquage ne peut avoir lieu que dans le champ de jeu » (règle 15.1), à savoir la partie du terrain comprise entre les lignes de but et de touche. Autrement dit, bien qu’un joueur puisse mettre au sol un adversaire porteur du ballon dans l’en-but, les règles applicables au plaquage deviennent caduques. Cette saison en HCup, Toulon s’était déjà fait surprendre par la non application des règles 15 et 16 dans l’en-but ; c’était contre Glasgow.

Rien n’obligeait donc Simon Zebo à lâcher le ballon une fois plaqué. La question qui se pose est cependant de savoir si Wayne Barnes avait à stopper l’action dès lors que Zebo eût aplati sur le bras de Armitage.

La règle 22.10 précise que « lorsqu’un joueur porteur du ballon est bloqué dans l’en-but et ne peut pas effectuer de touché à terre, le ballon est mort, et une mêlée à 5 mètres sera formée ». Ici, l’ailier n’était pas bloqué dans l’en-but, et preuve en est qu’il est finalement parvenu à effectuer un touché à terre. Rien n’obligeait donc non plus Wayne Barnes à siffler prématurément. Le ballon étant bien aplati par la suite, la validation de l’essai est donc parfaitement logique. Bravo à Wayne Barnes pour cette décision rapide et juste.


Qui pour la finale ?

Après les victoires de Toulon et des Saracens, seuls deux arbitres peuvent encore prétendre sérieusement à la finale. La rencontre au sommet de l’Europe sera en effet franco-anglaise, ce qui implique que Wayne Barnes — auteur d’un quart de finale d’une qualité quasi parfaite — et Jérôme Garcès — le n°1 français pour l’ERC cette saison — peuvent d’ores et déjà tirer un trait sur une éventuelle poursuite de leur saison en HCup.

En revanche, les deux derniers cités sont toujours candidats pour la finale de Amlin Cup, qui opposera deux clubs anglais, à savoir Bath et Northampton ! Une chance pour ces deux équipes, puisque Wayne Barnes et Jérôme Garcès resteront probablement les deux meilleurs de cette campagne européenne.

Restent en course pour la finale de la HCup Nigel Owens, qui, malgré une saison contrastée, reste toujours une valeur sûre aux yeux de l’ERC et Alain Rolland, le futur retraité, qui a l’occasion d’officier sur sa deuxième finale consécutive — et en même temps sa dernière sur la scène européenne. Mourad Boudjellal, le président du club varois, a déclaré après le match : « Je tiens à dire que je ne voulais pas de Nigel Owens en finale de Coupe d’Europe. Par contre, si on rencontre Clermont en demi-finales, je veux bien. »

Depuis la première finale de la compétition en 1996, seuls deux arbitres ont arbitré deux fois consécutivement la finale : il s’agit de l’Anglais Chris White, en 2005 et 2006, et… Nigel Owens, en 2008 et 2009. Tout est encore possible pour Alain Rolland, qui n’a au compteur « que » deux finales, soit une de moins que son principal concurrent. La désignation de George Clancy ou de John Lacey reste plus qu’improbable, les deux Irlandais étant bien moins côtés que Rolland. Les paris sont donc ouverts.

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19 commentaires

  1. Bonjour,

    Si en suivant la regle 15.1 « Un plaquage ne peut avoir lieu que dans le champ de jeu. » alors pourquoi le défenseur continue de faire la chasse d’un attaquant rentrant dans l’enbut avec le ballon.
    Alors personne ne devrait empêcher ce dernier d’aller aplatir entre les poteaux. Pourtant, l’attaquant est toujours plaqué???

    Zebo est plaqué par Drew avant l’en-but mais il est mis au sol dans l’en-but, alors la regle 15.1 s’applique ou pas sachant que « Il y a plaquage lorsqu’un joueur porteur du ballon est simultanément tenu par un ou plusieurs adversaires ET est mis au sol. « ? 😀

    Sinon, dans votre analyse vous oubliez la regle, 22.16 « Toutes les fautes dans l’en-but sont traitées comme si elles avaient eu lieu dans le champ de jeu. », La zone de l’en-but n’est donc pas une zone de non droit 😉
    Donc le fait de charger sans rester sur ses appuies (« plongeon » du 4 et 9) devrait bel et bien une faute sanctionnable.
    MAis ici (http://balls.ie/rugby/gif-simon-zebo-try-vs-toulon/) il semable que Zebo applati avant cela…

    Enfin la regle 22.10 et la video attachée (http://www.irblaws.com/index.php?law=22) indique clairement que le fait de bloquer le joueur arrete l’action. Sur la video , l’attaquant de la video a tout a fait la possibilité de se debattre pour « tendre » le bras (ou lacher la ballon puis applatir) comme l’a fait Zebo. Mais non rien de cela, l’arbitre arrete l’action avant meme laisser le joueur de tenter de se dégager….
    Donc il y a bien limite de temps dans laquelle l’action peut se poursuivre…

    A+

    1. Salut David,
      Ce serait bien de prendre la peine de lire nos articles en entier. Évidemment, un joueur peut en plaquer un autre dans l’en-but. Mais un plaquage, au sens arbitral du terme, ne peut avoir lieu dans le champ de jeu. 😉
      On sait bien que l’en-but n’est pas une zone de non-droit, merci. Mais les règles propres au ruck et autres zones de plaquage, donc au champ de jeu, n’existent pas dans l’en-but, c’est comme ça… Donc non, pas de plongeon, pas de ballon gardé ou autre…
      Sur le Gif que tu me fournis, je ne vois pas Zebo aplatir.
      Enfin, concernant le ballon bloqué, c’est une question d’esprit de la règle. Sur la vidéo du site de l’IRB, le joueur a quand même eu le temps de se débattre, infructueusement. Ici, Zebo n’est pas bloqué, il a seulement quelqu’un sous le ballon. Donc non, aucune limite de temps non plus… L’arbitre doit siffler une fois qu’il estime le ballon injouable.

      1. ok merci.

        Bonne continuation 😉

  2. Je croyais qu’il fallait applatir dans le même mouvement. J’ai encore en mémoire des essais refusés sur ce genre d’action où ce n’est clairement pas dans le même mouvement. Règle changée ou inventée de toute pièce par les commentateurs dont certains entraineurs ou anciens joueurs?

    1. La règle a toujours été la même (ou plutôt l’absence de cette règle). Dans l’en-but, rien n’oblige un joueur à lâcher le ballon. En revanche, si le joueur est complètement bloqué, l’arbitre sifflera une mêlée à cinq.

  3. Oui mais on pourrait aussi parler du deblayage illicite du 4 et du 9 qui plongent comme a la piscine ce qui pourait liberer Zebo de l étreinte et lui permet de se retourner …. ,)

    1. Les règles propres au plaquage et au ruck ne s’appliquent pas dans l’en-but, aucune obligation donc de garder ses appuis.

  4. Oui mais Zebo étant français, est-ce qu’il a le droit de marquer des essais pour le Munster ? Moi je me pose la question… 🙂

  5. Zebo aplatit sur la main de Steffon Armitage, il n’y a pas essai mais mêlée à 5 pour le Munster.

    1. À quoi ça sert qu’on écrive un article si tu ne le lis pas ? Si tu ne regardes même pas les jolies images ? 😦

      1. Désolé 😦 , mais je ne lis nul part dans ton article que Zebo a aplatit sur la main d’Armitage. Je suis tout à fait d’accord avec toi qu’il n’y a jamais touche, que Zebo dans l’enbut a le droit de se retourner pour aplatir, mais je ne vois rien sur le fait qu’il aplatisse sur la main d’Armitage.
        Quant à la photo, elle est prise une fois l’action terminé et siffé depuis un moment, si je fais un en avant dans l’enbut et qu’on fasse une photo de moi après quand j’aplatis, mon essai est-il valable?

        Vu que Zebo aplatit sur la main d’Armitage, l’action ne doit-elle pas s’arrêter et une mêlée à 5 mètres sifflée? Si Zebo aplatit au sol APRES avoir aplatit sur le défenseur (Armitage), l’essai est il valable? Et à quel moment Zebo aplatit-il sur le sol, avant ou après le coup de sifflet de l’arbitre? (hypothèse où celui-ci aplatit sur la main d’Armitage, coup de sifflet, puis Zebo se défait des pattes d’Armitage et aplatit au sol)

        Et la passe du 9, elle est au cordeau, ou elle est en avant? On regarde la trajectoire de la passe, ou on regarde les mains?
        Devant TOUS ces points flous, me confirmes-tu comme tu le fais dans ton article que Barnes a eu tout à fait raison de ne pas demander l’appui de la vidéo pour éclaircir tout cela…?
        Merci de tes éclaircissements.

        1. Nous avons revu la vidéo, et modifié l’article. 😉 On ne s’était pas compris. Effectivement, Steffon Armitage empêche Zebo d’aplatir dans un second temps, mais après, Zebo se retourne et aplatit clairement (c’est son droit, comme expliqué dans l’article) -> le tout avant le coup de sifflet de l’arbitre. Écoute la vidéo !
          La passe du neuf est au cordeau pour moi. Donc correcte. Sur une petite distance comme celle-ci, difficile de qualifier cette passe d’un en-avant clair et évident.
          La direction des mains est une fumisterie, nous avons beaucoup écrit là-dessus (-> https://espritdelaregle.com/2014/02/06/lirb-eclaircit-la-regle-de-la-passe-en-avant/).
          Voilà ! Alors oui, Barnes aurait pu demander la vidéo, mais il a préféré faire confiance à son JT et ce n’est pas plus mal ! 😉

          1. d’accord merci beaucoup 🙂

          2. En effet, beaucoup se méprennent, il me semble, parce que les ralentis proposés par la TV ne montraient pas l’action jusqu’à son terme. La vidéo les induit dans l’erreur… comme elle aurait peut-être enduit dans de l’erreur (;))l’arbitre s’il y avait fait appel. On ne peut pas non plus se plaindre, un jour, de l’abus de vidéo et le lendemain que les arbitres prennent leurs responsabilités.

  6. Débat sans fondement. Il y a en avant sur la dernière passe. Donc pas essai.

    1. Tu es bien catégorique… La passe est à hauteur pour moi.

  7. oui mais a-t-il le pied en touche après sa série de pirouettes ?

    1. Le juge de touche précise que Simon Zebo est resté en permanence dans l’aire de jeu. D’où le refus d’appeler la vidéo de Barnes !

      1. Ah, en permanence. Ok merci !

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