Moins d’arbitres pour le Top 14

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Treize hommes. Un championnat. Pour la finale, il n’en restera QU’UN. — Photo Rugby 365

Salem Attalah, Christophe Berdos, Laurent Cardona, Sébastien Clouté, Jérôme Garcès, Pascal Gaüzere, Cyril Lafon, Cédric Marchat, Sébastien Minéry, Patrick Péchambert, Romain Poite, Mathieu Raynal, Alexandre Ruiz : voilà les 13 personnes qui apparaîtront au centre des matchs de Top 14 cette saison. Il ne sera question ici d’aucun jugement de valeur, seulement d’une petite mise en perspective du panel.

Pourquoi ? La récente interview de Didier Mené à propos d’un bilan concernant la précédente saison et l’instauration d’un panel a minima semi-professionnel en arbitrage pour le Top 14 a suscité beaucoup de réactions négatives.

Il s’agit en effet d’un net changement : historiquement, sur ces dernières années — mettons depuis l’apparition du professionnalisme des joueurs —, le panel d’arbitres du Top 14 restait extrêmement large, avec néanmoins des désignations relativement homogènes. Didier Mené, lors de son arrivée à la tête de l’arbitrage français, a amorcé en douceur le virage qu’il termine aujourd’hui, du moins nous le pensons. Explications.

L’homme aux trois finales de Top 14 a en effet décidé de confier beaucoup plus de désignations aux arbitres cotés, dans l’idée de les conforter dans leurs places internationales : il s’agit là d’un réel succès quand on voit la renommée internationale de l’arbitrage français, avec l’omniprésence de Romain Poite et Jérôme Garcès dans les compétitions internationales (phases finales en Coupe d’Europe, désignations au centre pour le VI Nations et le Rugby Championship dans des matchs décisifs).

En revanche, chaque médaille ayant son revers, les arbitres non internationaux se sont vus attribuer nettement moins de matchs, allant même souvent « piger » en Pro D2 pour ne pas perdre le rythme. Le non-remplacement de ceux-ci après leur départ à la retraite (l’année dernière avec Franck Maciello, cette année avec Jean-Pierre Matheu, Jean-Luc Rebollal et Stéphan Pomarède) permet ainsi de conserver un panel nettement restreint, avec des arbitres qui auront logiquement bien plus de désignations.

Cette restriction du panel comporte un avantage évident : la prise d’expérience pour les arbitres non-internationaux de premier plan (dans le fond, presque tous nos arbitres de Top 14 et même de Pro D2 sont désignés internationalement…).

Il s’agit là d’un élément capital quand on constate que la vague de départs en retraite n’est pas encore totalement terminée : Patrick Péchambert et Christophe Berdos rentrent dans leur avant-dernière saison au plus haut niveau, s’ils décident de pousser leur carrière jusqu’à la limite d’âge. Jérôme Garcès soufflera bientôt sa quarantième bougie, tout comme Sébastien Clouté et Cyril Lafon (pourtant tous deux récemment promus), cap déjà franchi par Salem Attalah. En somme, dans 5 ans, il faudra avoir renouvelé la moitié de ce panel expérimenté.

Néanmoins, ce panel recèle également des arbitres déjà rompus aux joutes du Top 14, et possédant déjà une belle expérience sans que celle-ci ne trahisse un âge se rapprochant de la limite de 45 ans : on pense notamment à Pascal Gaüzere, Cédric Marchat, et plus récemment promus Mathieu Raynal et Laurent Cardona. Ces quatre arbitres évoluent en HCup pour le premier cité et en Amlin Cup pour les trois autres : il y a lieu de penser qu’ils obtiendront dans les années à venir de très bonnes désignations. Ils ont d’ailleurs tous participé, à l’exception de Mathieu Raynal, gravement blessé, aux phases finales des championnats professionnels l’année dernière.

Enfin, deux arbitres semblent également promis à de belles choses, de par leur jeunesse et la confiance leur étant déjà accordée : Alexandre Ruiz, nouvelle star de l’arbitrage français et présent sur le tremplin international qu’est le panel d’élite du rugby à VII, et Sébastien Minéry, plus discret mais de mieux en mieux désigné (une demi-finale de Pro D2 l’année dernière où il n’était pas forcément attendu, notamment).

Ceux-ci permettront, dans une vision très pessimiste (on table plus pour une carrière internationale importante pour Alexandre Ruiz, même si rien n’est jamais gravé dans le marbre en arbitrage), au moins d’assurer la transition vis-à-vis des futurs nouveaux entrants, indispensables au renouvellement du panel.

Dès lors, que penser de cette restriction du panel ? Il semble logique qu’elle divise, marquant une rupture avec les usages jusqu’ici adoptés. Néanmoins, une semi-professionnalisation de l’arbitrage nécessite une prise en charge par la FFR, vous le devinez bien, et dès lors il reste compréhensible qu’on n’accorde pas ce statut à la vingtaine d’arbitres qu’on avait l’habitude de croiser dans les stades. Et cette nouvelle attitude vis-à-vis de l’arbitrage, reconnaissons-le, nous semblait absolument nécessaire face aux enjeux toujours croissants gravitant autour des chemins du Brennus.

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4 Commentaires

  1. Alexandre Ruiz futur star de l’arbitrage!!! Je croise les doigts

    1. On croise les doigts pour lui. Nous on attend toujours les réponses promises à notre interview par mail.

    2. De toute façon il a beaucoup de boulot encore pour être vraiment bon…

      1. Il a du boulot mais sa serait bien, un petit gars de chez nous qui atteint le sommet de l’arbitrage

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